"La terre m'a appris la patience, l'humilité, et la beauté de l'imperfection."
Je ne me souviens pas du moment exact où j'ai décidé de devenir céramiste. C'est venu par couches successives, comme un émail qui se construit : un stage au lycée, une révélation aux Beaux-Arts, une année de résidence à Dieulefit où j'ai compris que je ne ferai plus jamais rien d'autre.
Mon atelier est perché dans les pentes de la Croix-Rousse, dans un ancien atelier de canuts. La lumière y est changeante, magnifique. C'est là que je passe mes journées, les mains dans la terre, à chercher l'équilibre entre ce que je veux faire et ce que la matière veut devenir.
Je travaille seule, sans assistant. Chaque pièce, du premier tournage à la dernière cuisson, passe par mes mains. C'est un choix, une exigence, une manière de rester fidèle à ce que j'aime dans ce métier : la lenteur, l'attention, la relation directe avec l'objet.
Les lignes douces des collines, la lumière rasante du soir, les couleurs changeantes des saisons. Je regarde, j'absorbe, je restitue dans mes émaux.
Chêne, hêtre, frêne, vigne — chaque arbre donne une couleur différente. Je collecte, je tamise, je prépare. La chimie devient poésie.
Celles de ma grand-mère qui tricotait sans regarder, celles des potiers japonais que j'étudie en vidéo, les miennes qui apprennent encore.
Les cycles de séchage, les montées lentes du four, les années qu'il faut pour maîtriser un geste. J'aime ce qui prend du temps.
Il n'y a pas deux jours pareils, mais voici à peu près à quoi ressemble ma vie.
J'ouvre les volets, je vérifie le four, je prépare ma musique. Le rituel du matin.
Le moment le plus concentré de la journée. La terre tourne, les formes naissent.
Souvent dans le jardin, avec un bol que j'ai fait. Je mange dans mes pièces.
L'après-midi est plus calme, propice aux gestes minutieux, aux essais d'émaux.
Je note ce qui a marché, ce qui n'a pas marché, les idées pour demain.
"Quand j'ouvre le four après une cuisson, j'ai toujours le cœur qui bat un peu plus vite. Vingt-quatre heures d'attente, des semaines de travail, et soudain la révélation — ou la déception. Les deux m'apprennent quelque chose."
"Je bois mon thé tous les matins dans un bol de Claire depuis trois ans. Il est devenu une extension de mes mains."
— Anne, Lyon"Sa vaisselle a complètement changé l'ambiance de ma table. Les repas sont plus lents, plus beaux."
— Marc, Paris"J'ai offert un vase pour un mariage. Les mariés disent qu'il y a quelque chose d'apaisant dans cette pièce."
— Sophie, BordeauxLes écrans, c'est bien. Mais la vraie vie, c'est mieux. Venez pousser la porte de l'atelier, toucher les pièces, poser toutes vos questions.
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